Nos objectifs

objectif « zéro accident »

les objectifs de la ligue, tels que défiis dans ses statuts, sont, d’une part, de lutter par tous les moyens légaux contre les manifestations de la violence routière, d’autre part, de prévenir les accidents de la circulation. l’action de la ligue est donc essentiellement une action de prévention. comme tout préventeur, la ligue vise l’objectif « zéro accident ». qui oserait dire à des parents qui apprennent la mort de leur enfant sur la route : « la mort de votre enfant entre dans le cadre des accidents admissibles » ? cette résolution affirmée se retrouve dans sa signature.

Zéro accident, donc zéro tué
Lorsque la Ligue affihe cet objectif, elle suscite parfois le scepticisme et l’incompréhension. On nous répète que le risque zéro n’existe pas, qu’il est inhérent à la vie. Mais alors, il faut admettre que nous vivons dans une curieuse société. Elle se protégerait de tout (la maladie, la vieillesse, le vent, les inondations et les krachs boursiers ; même les généraux ne concevraient plus la guerre qu’en ne risquant pas la vie de leurs soldats !) et retrouverait le goût du risque lorsqu’il s’agit pour un enfant d’aller à l’école, pour un vieillard de traverser la rue ou pour une famille de partir en vacances ? Étrange paradoxe, car la circulation routière est une activité entièrement conçue par l’homme, et il n’y a ni gloire ni bénéfie à risquer sa vie sur la route.
Regardons ailleurs : chez nos amis suédois, par exemple. Ils sont beaucoup plus performants que nous. Ils proposent cette « vision zéro tué ». Ils considèrent la sécurité routière comme un thème de santé publique et appliquent les méthodes qui ont fait leurs preuves dans les autres modes de transport et dans la sécurité au travail. Ils ont compris qu’il n’y a pas plus de raisons de risquer sa vie sur la route qu’à la cantine, au bureau ou à l’atelier.

Zéro accident, une utopie ?
Après un accident d’avion, des enquêtes minutieuses sont diligentées. Tous les facteurs ayant pu concourir à la survenance de l’accident sont méthodiquement recherchés. Les mesures à adopter pour éviter son renouvellement sont définies et mises en œuvre, quel qu’en soit le prix. À une moindre échelle et avec beaucoup moins de moyens et de rigueur, des enquêtes ont été menées pour certains graves accidents de la route dans le cadre du programme « REAGIR » (Réagir par des enquêtes sur des accidents graves et par des initiatives en vue d’y remédier) arrêté depuis 2004. Ces enquêtes étaient initiées par les préfets et confies à un collège d’inspecteurs départementaux de sécurité routière (IDSR).
L’expérience des IDSR, qui comptaient parmi eux beaucoup de membres de la  Ligue contre la violence routière, a permis de constater que, après plusieurs centaines d’enquêtes, dans pratiquement tous les cas, il avait été possible de déterminer les facteurs intervenus dans la survenance et la gravité de l’accident, de préciser l’arbre des causes et leur enchaînement et de proposer des mesures pour éviter qu’un tel accident se reproduise. Il est alors possible de dire que pratiquement chaque accident aurait pu être évité. Ce qui est vrai pour un accident est vrai pour les milliers d’autres qui endeuillent encore nos routes chaque année. C’est en ce sens que l’utopie est réaliste. Nous sommes convaincus qu’il est possible, par un travail rigoureux, déterminé et persévérant, d’identifir tous les risques et, à condition de s’en donner les moyens, de les éliminer patiemment les uns après les autres.
Les efforts méthodiques pratiqués dans l’industrie pour réduire les accidents de travail ou ceux réalisés dans le domaine aérien doivent trouver leur application dans le domaine de la sécurité routière.
La plupart des entreprises ont compris qu’elles ne peuvent se réclamer d’œuvrer dans les domaines de la responsabilité sociale et/ou du développement durable sans affiher le seul objectif possible de « zéro accident ». Pourquoi ce qui s’impose dans le milieu « fermé » des entreprises ne s’impose-t-il pas aussi naturellement dans le milieu « ouvert » de la société ? Pourquoi les salariés, engagés à respecter le règlement intérieur de leur entreprise, changeraient-ils soudain de comportement une fois la barrière de l’entreprise franchie ? C’est donc avec une farouche conviction qu’il n’existe pas de fatalité à l’accident et que c’est la détermination qui permet de lutter contre les causes possibles des accidents de la route que la Ligue contre la violence routière lutte avec ténacité, comme le font beaucoup d’entreprises, pour que, très rapidement, le « zéro accident » soit enfi possible. N’oublions pas que cette lutte est motivée par le seul fait de sauver des milliers de vies par an !

cet objectif mobilise l’action de la ligue et doit interpeller tous les acteurs de la sécurité routière. il correspond à un état d’esprit volontariste face à une réalité complexe. il implique la conviction forte qu’il n’y a pas de fatalité à l’accident et induit la volonté de lutter avec ténacité contre toutes les causes possibles. c’est cette détermination qui permet de progresser.