Les stupéfiants

Le cannabis au volant


L’OFDT (Observatoire français des drogues et des toxicomanies) a été chargé de mener une étude épidémiologique afin d’établir des données fables concernant l’impact d’une consommation de stupéfiants dans les accidents de la route. Cette étude, nommée SAM, a porté sur 10 748 conducteurs impliqués dans 7 458 accidents mortels entre le 1er octobre 2001 et le 30 septembre 2003. Elle a révélé que l’alcool est, de loin, la drogue la plus meurtrière au volant.

Méthodologie
La loi relative à la sécurité routière du 18 juin 1999 et son décret d’application du 27 août 2001 ont instauré la recherche systématique de ces produits (cannabis et ses dérivés, opiacés, cocaïne et amphétamines) chez les conducteurs impliqués dans un accident mortel de la route. Les chercheurs n’ont retenu que le cannabis dans cette étude, les autres familles de stupéfiants (opiacés, cocaïne et amphétamines) n’étant pas suffsamment présentes pour être valablement analysées.
La mesure de l’alcoolémie étant systématique en cas d’accident mortel, l’étude a permis, en parallèle, une analyse sur l’influence de l’alcool dans la survenue de ces accidents.


Résultats
L’étude montre que l’on croise en circulant environ 2,8% de conducteurs positifs au cannabis, 0,2% sous amphétamines, 0,1% sous cocaïne et 0,9% sous opiacés. Le pourcentage de conducteurs présentant une alcoolémie positive est, lui, de 2,7 – soit autant que de conducteurs positifs au cannabis. Il faut prendre en compte l’effet d’un certain nombre de facteurs susceptibles d’influencer la responsabilité du conducteur dans l’accident, indépendamment de sa consommation de cannabis: autres stupéfiants, alcool, âge, type de véhicule, moment de l’accident, etc.


Les conducteurs sous influence du cannabis (toutes concentrations de THC confondues) ont 1,8 fois plus de risques d’être responsables d’un accident mortel que les conducteurs négatifs. Ce risque est de 8,5 pour l’alcool. Les effets du cannabis et de l’alcool se cumulant, le risque d’être responsable d’un accident mortel chez les conducteurs positifs à la fois au cannabis et à l’alcool est multiplié par 14.


Sur une base de 6000 accidents mortels par an, la part des accidents imputables à une conduite sous l’effet du cannabis, toutes concentrations confondues, est de 2,5%. Celle imputable à une alcoolémie positive, toutes concentrations confondues, est de 28,6%. En ce qui concerne les décès des conducteurs non responsables, l’étude montre que 1,5% de ces décès peuvent être attribués à une conduite sous l’influence du cannabis.


Notons, par ailleurs, que l’ONISR, dans son rapport annuel 2012, mentionne que, «parmi les conducteurs positifs aux stupéfants impliqués dans un accident mortel, la moitié présente un taux illégal d’alcool». C’est donc un pourcentage très significatif qui présente le surrisque combiné de 14.


Dans son rapport 2013, l’analyse des fiches Baac montre que, dans 21% des accidents mortels, la présence de stupéfants est constatée. Le dépistage est donc vraiment nécessaire, car la conscience du risque encouru, au-delà des problèmes de santé, ne semble pas du tout acquise