Analyse bilan de sécurité routière novembre 2018

 

La sécurité routière ne peut devenir la variable d’ajustement 

Peinturlurés, bâchés, parfois même incendiés, la presse annonçait que 20% des radars fixes étaient vandalisés à la fin novembre. Ces attaques de casseurs à l’encontre de dispositifs qui depuis 15 ans assurent objectivement une meilleure sûreté aux usagers sont aussi insupportables que le « caillassage » des pompiers. Rien ne justifie ce vandalisme, le gouvernement ne doit pas céder à ces voyous anti-radars. Il ne faut rien lâcher, la sécurité routière ne doit pas devenir une variable d’ajustement, il y va de la vie des gens. 

Malgré cette ambiance, la tendance générale de la mortalité routière pendant ces 12 derniers mois est quand même à la baisse : -7%. Ce n’était pas arrivé depuis 2013.

Notre contribution au débat ouvert par les gilets jaunes

Les enjeux économiques de l’insécurité routière sont très méconnus. Ils ne sont souvent perçus que par le petit bout de la lorgnette des amendes infligées aux contrevenants au code de la route. Or, quand on y regarde d’un peu plus près, on voit que les accidents de la circulation entraînent un véritable gâchis économique. En 2017, le coût de l’insécurité routière a été évalué à 50,8 milliards d’euros (1), soit les 2/3 de la recette de l’impôt sur le revenu. Fort peu de personnes en sont conscientes. Pourtant dans le contexte social du moment, cette réalité économique devrait motiver beaucoup de politiques et de commentateurs à soutenir les mesures de sécurité routière nécessaires pour réduire le nombre des accidents et par voie de conséquence ce gâchis économique, tel l’abaissement de 90 à 80 km/h de la vitesse maximale autorisée sur le réseau à chaussées non séparées. Contrairement à ce que clament certains médias, cette mesure ne pénalise pas les ruraux mais les soumet à une meilleure sûreté et de plus elle permettrait de réduire ce gâchis économique au profit des plus pauvres. Encore faut-il que cette baisse de la vitesse soit effective et durable. C’est pourquoi nous insistons pour que le gouvernement remplace les radars détruits par la mise en circulation de plusieurs voitures-radars banalisées dans chaque département, et qu’elles soient utilisées à temps plein.

1
La sécurité routière en France Bilan de l’accidentalité de l’année 2017, page 38

Radars automatiques détruits : Des vies ne seront pas sauvées / les Gilets noirs de l’incivisme / Nous allons le payer au prix du sang

Imprimer cette page

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Translate »