Limitation de la vitesse à 80 kilomètre heures: l’argument du racket économique ne tient pas !

Pourquoi Docteur 26/05/2018 par le Dr Jean-François Lemoine

Ne pas se tromper de combat
Selon le baromètre AXA prévention 76% des Français ne sont pas favorables à l’abaissement de la vitesse autorisée à 80km/h sur le réseau secondaire au 1er juillet 2018. Faute d’arguments logiques, la plupart évoquent un « racket » supplémentaire de l’Etat par des moyens détournés. C’est à la fois simpliste et tragique. Le mal Français dans toute son expression.

Deux chiffres qui devraient clore le débat : on estime que les radars, qui vont soi-disant s’en donner à cœur-joie sur les routes secondaires, vont rapporter – au mieux – 2 milliards d’Euros ; on sait aussi, avec certitude, que les accidents de la route coûtent 50 milliards par an à la collectivité!

Réduire la vitesse, c’est réduire de façon spectaculaire la mortalité. Au même titre que la lutte contre l’alcool, les stupéfiants ou les médicaments comme les antidépresseurs et les somnifères… Si on ne trouve pas beaucoup de militants pour « rouler ivre » chez les défenseurs de la liberté au volant, toujours selon ce baromètre 14 ème AXA prévention, malgré une légère amélioration, les chiffres sur la pratique d’excès de vitesse restent bien trop élevés pour s’en réjouir. 78% des Français font des excès de vitesse (vs 83% en 2017). Sur les routes secondaires, ils sont seulement 13% à se sentir en sécurité.

Les Français restent fidèles à leur réputation « c’est pas de ma faute, mais celle des autres… » : ils dénoncent en premier lieu le comportement des autres usagers (85%), le manque d’entretien des infrastructures (56%) et la mauvaise signalisation des dangers (23%).

Pourtant 54% roulent à 100-110 km/h (vs 60% en 2017) et 15% à 120-130 km/h (vs 18% en 2017) sur ces routes encore aujourd’hui limitées à 90 km/h. Et quand on les interroge sur l’abaissement de la vitesse autorisée à 80 km/h, plus de la moitié des conducteurs perçoivent cette mesure comme une nouvelle taxe déguisée et 36% la trouvent inutile.

Encore trop de handicapés à vie…
Rappelons que les routes du réseau secondaire sont les plus meurtrières, elles représentent environ 400 000 kilomètres de route et concentrent 55% des accidents mortels (1 911 morts en 2016). Source Observatoire National Interministériel de la Sécurité Routière (ONISR). L’argument avancé contre « ce nouvel impôt indirect » ne tient pas.

Rien ne remplace l’économie d’une vie, mais toutes les mesures prise avec un certain courage par les divers gouvernements ne font pas que gagner une course contre la mort. Depuis 1945, les chiffres sont terrifiants : au moins 500 000 morts, soit l’équivalent des pertes humaines subies en France lors de la Seconde Guerre mondiale.

Etre passé de 16 645 morts en 1972 à 3 456 en 2017 est une réussite formidable. Mais restent encore, ceux dont les statistiques parlent rarement : les blessés. On estime qu’il y a 8 fois plus de blessés que de morts.
Ce qui signifie des milliers de handicapés physiques mais aussi mentaux. On ne le répétera jamais assez 50 milliards de coût pour la collectivité et autant de souffrances impossibles à quantifier pour les blessés et leur entourage…

Alors il faut cesser ce combat stupide d’arrière-garde, cette hypocrisie égoïste et se tenir prêt à combattre le futur fléau : l’utilisation du téléphone portable au volant. En espérant que les Français ne soutiendront pas la colère des opérateurs téléphonique devant leur perte de revenus !

Vitesse : les conseils d’AXA prévention
1. Aller vite, ne vous fera pas arriver le premier. Rouler à 150 km/h sur autoroute au lieu de 130 km/h sur un trajet de 100 km ne fait gagner que 6 minutes.
2. Adaptez votre vitesse aux conditions de circulation et ne dépassez pas les limitations de vitesse autorisées. Si la situation de conduite devant vous se complique (mauvaise visibilité, conditions météo, trafic dense etc.), vous serez prêt à agir.
3. Utilisez le régulateur de vitesse. Si votre véhicule en est équipé, cet outil vous aidera à réguler votre allure.

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