Les contrôles de vitesse par caméras ANPR au Royaume Uni

Claudine Pérez-Diaz, le 13 06 2017

En 2017, le Home Office (Ministère de l’Intérieur Anglais) fait état de 8 500 caméras (Automatic number plate recognition, ANPR) qui reconnaissent et enregistrent les numéros d’immatriculation de l’ensemble des véhicules en circulation. Ce dispositif de contrôle couvre l’ensemble du Royaume-Uni.

Une telle caméra autorise un contrôle en temps réel ; les données (de 25 à 35 millions de véhicules enregistrés par jour) sont comparées à des fichiers nationaux concernant tous les propriétaires de véhicules. Divers fichiers leur sont connectés de façon à disposer d’une alerte immédiate concernant des véhicules volés ou dont l’immatriculation n’est pas enregistrée, des propriétaires sans permis, sans assurance, ayant commis de multiples infractions routières, étant suspectés d’être des délinquants ou a fortiori impliqués dans des affaires criminelles (viols, enlèvements d’enfants) ou de terrorisme. Ces données permettent d’appréhender le véhicule immédiatement si nécessaire ou encore de reconstituer tous ses déplacements. Elles associent l’heure, la localisation, l’immatriculation et la photo du véhicule en entier et sont stockées durant deux ans. Différentes lois encadrent leur exploitation. Si le véhicule est appréhendé sur le moment, le conducteur est retenu jusqu’à ce que son cas global (toutes infractions comprises) soit jugé ou ses paiement divers effectués. Or, les Britanniques ont constaté que 30% des infracteurs routiers ont d’autres faits à se reprocher. Ce système est donc très dissuasif et donne à réfléchir à tous les conducteurs qui encourent pour certains des sanctions plus lourdes que celle du simple excès de vitesse ainsi constaté.

Il existe deux formes de contrôle utilisant ces équipements au Royaume-Uni : des caméras fixes qui enregistrent le flot de la circulation et qui signalent immédiatement aux policiers tout véhicule fiché pour un des motifs énoncés ; d’autres qui sont embarqués dans des camionnettes mobiles ou même, grâce à la miniaturisation, dans de simples véhicules de police qui peuvent lire la plaque d’un flot de véhicules roulant à grande vitesse. Seulement une partie de ces équipements est explicitement consacré à des contrôles de vitesse, mais l’importance de cette part fait polémique. Les tenants d’un strict usage de police accusent certaines unités de favoriser le contrôle de délinquances mineures, dont la route, au détriment d’affaires criminelles graves. L’extension de ces équipements, fixe ou mobile, et leurs implantations ne sont pas rendues publiques car les services de police considèrent que l’efficacité du système et la protection des équipements dépendent du secret entretenu à leur endroit.

L’existence de ce moyen de dissuasion puissant joue donc un rôle non négligeable dans l’excellence britannique actuelle en matière de sécurité routière, peut-être au détriment du respect de la vie privée. Il ne peut donc être avancé que les routes britanniques sont moins sévèrement contrôlées que les françaises…

De tels systèmes existent en divers pays (Australie, Belgique, Allemagne, Royaume-Uni, Etats-Unis, Italie, Hollande…), alors que les lois françaises interdisent de connecter des fichiers informatisés de diverses institutions, ce que la plupart des autres pays autorisent.

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