la Ligue s’est constituée partie civile contre un célèbre coureur automobile français

Quand des célébrités ont des comportements dangereux sur la route allant même jusqu’à se vanter de leurs “exploits”, il faut les réprimer car ils incitent leurs fans à reproduire ces outrances qui mettent en danger la vie des autres. Les proches d’une victime de la route ne souhaitent à personne de subir ce qu’ils ont vécu, aussi les mises en danger délibérée de la vie d’autrui sont de véritables négations de leur douleur et de leur volonté que cela ne se reproduise plus.

V’là la vedette !

Il y a plusieurs années de cela, la Ligue s’est constituée partie civile contre un célèbre coureur automobile français poursuivi pour avoir, en août 1989, circulé à 218 km/h au volant de sa Porsche sur une autoroute. Quelques minutes auparavant, il avait été contrôlé à 233 km/h sur la même voie. Lors de ces deux interpellations, il avait présenté aux gendarmes deux permis de conduire différents et indiqué deux adresses distinctes.

Retard à l’audience
Deux mois plus tard, notre coureur est convoqué à 14 heures au tribunal d’instance. À l’ouverture de l’audience… personne. Viendra, viendra pas? Les avis sont partagés. Le premier rendez-vous avait été reporté. La presse attend la vedette. Une heure et quart plus tard, les flashes crépitent. L’as du volant arrive. Il s’assied face à nous, militants de la Ligue venus soutenir notre avocat dans sa plaidoirie contre cet «expert» ès conduite.

Plaidoiries

Le juge présente les faits, que le champion ne conteste pas. Pour sa défense, il ne fait d’ailleurs preuve d’aucune originalité: «L’autoroute était dégagée»; «ma voiture est très sûre»; «j’avais à mon bord ma femme et ma fille». L’avocat de la Ligue insiste sur le fait que la vitesse est le premier facteur d’accidents, que le problème repose sur la banalisation de l’excès de vitesse. Il conclut: «Un tel comportement implique la négation mentale des autres. À force de les nier mentalement, on les nie physiquement.»
L’avocat de la défense, grand maître du permis de conduire, vante les qualités de son champion: il est un pilote parmi les meilleurs au monde; il est entré dans les 
points  du  championnat  du  monde  de f ormule 1 ;  il  a  50 %  de  bonus ;  il  est  équipé  de freins ABS. Ce ténor des médias termine son plaidoyer par une attaque contre la Ligue: «On fait croire que la vitesse est le drame national. La Ligue est le bras séculier d’une certaine politique qui n’avait pas à entrer dans ce prétoire.»

Jugement
Pour cet excès de vitesse sur autoroute (218 km/h), le juge condamne le prévenu  à  une  amende  de  2 500  francs  et  à  une  suspension  du  permis  de  conduire  de  six mois, dont trois avec sursis. Il motive particulièrement son jugement:
•   attendu que le prévenu paraît faire une regrettable confusion entre les circuits fermés et conçus pour la course automobile sur lesquels il exerce habituellement ses talents et les voies ouvertes à la circulation publique sur lesquelles une limitation de vitesse est réglementairement imposée à tout usager, et où il peut rencontrer des conducteurs n’ayant pas «son expérience et son exceptionnelle maîtrise»;
•   qu’en circulant systématiquement à une vitesse supérieure à celle fixée par la  réglementation et en donnant une publicité importante à l’infraction commise, il a adopté délibérément une position contraire à celle de l’association demanderesse en revendiquant ouvertement une absolue liberté, au moins pour les conducteurs de sa classe;
•   que  sa  notoriété, le  prestige  dont  il  jouit, du  fait  de  sa  profession  auprès  des  jeunes conducteurs, catégorie particulièrement influençable, donnent à son attitude un incontestable écho;
•   qu’en  conséquence,  les  efforts  accomplis  par  l’association  partie  civile  pour  éveiller chez les conducteurs le sens de leurs responsabilités et une acceptation des nécessaires contraintes liées à la sécurité routière sont fortement contrecarrées par le comportement du contrevenant;
•   qu’ainsi la Ligue contre la violence routière a subi un dommage certain, découlant directement de l’infraction.

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