Limitation de vitesse à 80 km/h : “Sur les routes, la sécurité d’abord”

TRIBUNE – Chantal Perrichon, la présidente de la Ligue contre la violence routière, s’inquiète de l’avenir de la limitation de vitesse à 80 km/h décidée il y a quelques mois par le gouvernement.

Le JDD 17h00 , le 14 avril 2019

 

Quel va être l'avenir des 80 km/h?
Quel va être l’avenir des 80 km/h? 
A l’approche de la prise de parole – et des annonces – d’Emmanuel Macron, la présidente de la Ligue contre la violence routière, Chantal Perrichon, s’inquiète d’un éventuel revirement sur les 80km/h défendus jusqu’à présent par le Premier ministre, Edouard Philippe. Sa tribune : “Chaque sortie du président de la République pour séduire un électorat distant, voire hostile, nous inquiète : le 80 km/h joue le rôle de bouc émissaire. Des élus, des représentants des partis politiques en difficulté profitent de l’occasion pour s’opposer au gouvernement et puisent des éléments de langage dans un prêt-à-tout-dire concocté par les mercenaires du lobby de la vitesse. Chacun vérifie le talent du Président, qui excelle dans l’art de laisser croire qu’il ne saurait être question d’abandonner le 80, mais que par ailleurs ‘le bon sens… pas de dogme… être pragmatique’…

Ce positionnement ambigu est incompatible avec la sécurité routière.

 

Quel avenir pour une mesure décidée en toute connaissance de la relation vitesse et mort sur les routes? Nous sommes loin de la dream team de Chirac et Raffarin, qui n’ont jamais changé de cap pour la mise en place des radars automatiques en dépit de l’opposition des lobbies!

A l’époque l’intendance suivait : Rémy Heitz, délégué interministériel à la sécurité routière, dirigeait fermement – mais courtoisement – des équipes capables de répondre aux questions des journalistes et à la demande d’explications des citoyens.

Aujourd’hui, les retards s’accumulent : communication poussive sans visée ­pédagogique, ne facilitant pas l’acceptabilité (alors que la désinformation sévit sur les ‘réseaux asociaux’), obstination à remplacer des radars fixes traditionnels par des radars tourelles détruits par les casseurs. La politique des radars fixes est obsolète : il convient de changer de stratégie et d’accroître vite le parc de voitures banalisées embarquant des radars ainsi que les contrôles de vitesse invisibles au bord des routes!

Notre sécurité en dépend!

Qui va l’emporter? Un bon sens populiste manipulé par la désinformation ou un Premier ministre qui a jugé prioritaire d’affronter la première cause de mort des jeunes adultes et dans le monde du travail?

L’augmentation constante des tués que génère la destruction des radars et l’incapacité des élus à désigner les routes sur lesquelles ils sont prêts à mettre en danger leurs électeurs seront-elles suffisantes pour décider le Président à soutenir sans réserve son Premier ministre, qui pourrait enfin nommer un responsable soucieux de l’efficacité des contrôles et de la neutralisation des infox. Notre sécurité en dépend!”

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