Analyse bilan de sécurité routière décembre 2017

La DSCR a tardé à comptabiliser le nombre de morts sur la route en 2017 : les chiffres n’ont été publiés que le 1 er février.

Après les mois de décembre de 2015 et 2016 en forte hausse, la baisse de 16% du mois de décembre dernier ne suffit pas pour réduire de façon significative la mortalité de l’année.

Durant l’année dernière, il n’y a eu que 21 morts de moins qu’en 2016, mais 188 de plus (+5,7 %) que pendant toute l’année 2013. En 2016, le coût des accidents corporels en France métropolitaine s’établit à 38,3 milliards d’euros (Md€). Le coût total de l’insécurité routière
est de près de 50 Md€, soit 2,2 % du PIB.

L’objectif de « moins de 2 000 morts en 2020 », fixé en 2012 par Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur, était tout à fait réalisable. La tendance n’a été tenue que pendant 2 ans.

Mais après 3 années d’incantations, de gesticulations et d’errements, la sécurité routière est en panne. Il n’y a plus aucun progrès, 3500 personnes meurent sur nos routes tous les ans, soit près de 10 chaque jour. L’objectif devient inatteignable. Il faudrait une baisse annuelle de
16,6%, à moins de prendre des mesures très fortes et autrement plus fortes que les rituelles campagnes de communication que lance la sécurité routière. Elles n’ont pour seul mérite de ne convaincre que les convaincus. Le mois d’octobre fut le mois du téléphone « au volant le téléphone peut tuer » et le mois de novembre celui de la ceinture de sécurité « attachez votre ceinture, attachez-vous à la vie » !

Le gouvernement actuel a pris conscience de cette tragédie quotidienne. Après avoir consulté les travaux et les propositions des experts, il a décidé de mener une politique de rupture qui permette les meilleurs résultats à court terme : il limitera la vitesse maximale autorisée sur le
réseau à chaussées non séparées à 80 km/h. Pour sauver des centaines de vies, ce gouvernement n’a pas hésité à sortir du placard cette mesure proposée en octobre 2013 par les experts du Conseil National de la Sécurité Routière que ses prédécesseurs avaient piteusement
abandonnée pour ne pas affronter le lobby pro-vitesse.

« Et si pour sauver des vies il faut être impopulaire, j’accepte de l’être » a dit le Premier ministre, Edouard Philippe, le 7 janvier 2018.

Contrairement à leurs prédécesseurs, les décideurs actuels veulent résister aux groupes de pression malfaisants. Nous saluons leur intégrité.  Qu’ils sachent que nous serons à leurs côtés pour défendre cette mesure emblématique.

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